La lune de miel avec le Hamas – un regard averti

Ces derniers jours, nous sommes les témoins d’une recrudescence du dialogue, allant jusqu’à une chaleureuse accolade, de la Suisse avec l’organisation Palestinienne du Hamas.  Cette  organisation qui a inscrit dans sa Charte la destruction de l’État d’Israël, et qui a été déclarée organisation terroriste par l’Union Européenne et d’autres pays Occidentaux.

La semaine passée, une délégation du Hamas était de passage à Genève. Le porte-parole du Hamas a eu l’opportunité de parler à l’Université de Genève, en attisant la haine envers Israël. La presse locale a servi malheureusement de moyen de diffusion de ses opinions. La même semaine, l’envoyé de la Suisse au Moyen-Orient, Jean Daniel Ruch, a rencontré le responsable de l’organisation, Haled Mashaal au Caire. Cette démarche s’ajoute à une série d’autres contacts que la Suisse entretient avec d’autres éléments radicaux dans le monde, parmi lesquels le Hezbolla et l’Iran d’Ahmednidjad. Le lien entre toutes ces organisations du Moyen-Orient est, pour les plus extrémistes, l’appel à la destruction d’Israël, et pour les plus modérés la non-reconnaissance de son droit à l’existence.

Il est indéniable que chaque pays a le droit de déterminer sa politique, et de choisir ses alliances et les organisations
avec lesquelles il souhaite entretenir des relations. L’orientation politique d’un pays s’appuie et se détermine par une analyse d’un plan d’intérêts, tout comme par les valeurs morales adoptées par ce même pays.

Qu’est-ce qui amène un pays comme la Suisse, garante des valeurs universelles, située au centre de l’Europe, berceau des valeurs les plus sublimes d’ouverture, du libéralisme et des droits de l’homme, à entretenir un dialogue chaleureux avec des États radicaux et des organisations qui ne reconnaissent pas les mots « libéralisme » et « Droits de l’homme » ?

L’histoire récente de l’Europe nous a démontré, de façon douloureuse et en payant cher, que le maintien du dialogue avec des personnes ayant un programme idéologique extrémiste et radical, dans le but de modifier leur ligne comme le disent les personnes de bonnes intentions, ne tient pas et souvent est le fruit d’une fausse appréciation de la réalité.

Les exemples face à ceux qui refusent de voir les dangers provenant des organisations tels le « Hamas », le « Hezbolla »et certainement l’Iran, sont nombreux et variés. Il suffirait d‘écouter avec le sérieux requis les déclarations de leurs leaders ou de lire attentivement leurs chartes idéologiques, base de leur fondation et leurs actions.

Les appels à la destruction d’Israël, venus de Téhéran et de son allié le « Hezbolla » au Liban, sont devenus monnaie courante. Ces appels sont accompagnés d’une activité effrénée pour l’obtention du nucléaire, dont un arsenal impressionnant de fusées.

La visite la semaine dernière du premier ministre du Hamas Haniya en Tunisie, celle de l’après la Révolution du printemps arabe gouvernée par les islamistes, présente aussi une occasion pour comprendre la nouvelle réalité. À l’aéroport déjà, dès son arrivé aux appels de la foule à « tuer les Juifs » et « libérer la Palestine » Haniya a répondu que le Hamas « ne reconnaitra jamais, mais au grand jamais l’État d’Israël ».

La bande de Gaza est depuis longtemps l’endroit où l’on trouve la quasi-totalité des articles et des marchandises provenant d’Israël et de l’Egypte, où les restaurants et les hôtels sont bondés de personnes profitant et de produits de luxe. Le discours contre Israël cependant ne varie pas. Personne ne souhaite être embêtée par la réalité.

Certes, les voix contre Israël sont similaires et elles sont nombreuses. La tendance est négative, radicale et par-dessus tout, antisémite. Y-a-il lieu à encourager et à renforcer cette tendance? Y-a-il lieu à légitimer la pensée antisémitisme au nom de la religion? Est-il concevable de penser qu’en raison d’un dialogue cette tendance changerait soudain? Le champ expérimental est problématique, car il s’agit de la vie humaine et de la sécurité des personnes. Si cela échouait, les premiers à payer le prix fort seraient les citoyens de l’État d’Israël et la paix au Moyen-Orient. Il ne faudrait pas que l’Europe prenne ce risque.

Shalom Cohen,

Nommé ad interim à l’Ambassade d’Israël à Berne.

Ancien ambassadeur d’Israël en Égypte.



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