Pourquoi Golda Meir avait raison

Hurriyet

Le 23 août 2011

Par Burak Bekdil

Il y a maintenant plus de deux ans et demi que le Premier Ministre Recep Erdogan proclamait à la face de Shimon Peres que « vous (les Juifs) savez bien comment tuer ». Le Premier Ministre Erdogan a aussi déclaré à plusieurs reprises que le plus grand obstacle à la paix dans cette partie du monde était Israël, appelant même une fois l’Etat juif « un furoncle purulent au Moyen-Orient, qui répand la haine et l’hostilité ». Pendant ce mois sacré du Ramadan, rempli d’actes sanglants dans les territoires musulmans, tentons d’identifier qui sont ceux qui savent bien comment tuer.

Alors que le bilan des morts syriens s’alourdit un peu plus chaque jour, s’approchant des 2000, le décompte des victimes dans le conflit turco-kurde ne marque aucun temps d’arrêt, atteignant plus de 40’000 depuis 1984. Les deux conflits viennent s’ajouter à la grande mare de sang que l’on nomme le Moyen-Orient. Durant ce mois du Ramadan seulement, le bilan des morts du Parti des Travailleurs du Kurdistan, ou PKK, s’est augmenté de 50 noms dans cette guerre entre des Kurdes musulmans et des Turcs musulmans. Cela si on ne tient pas compte des morts du PKK en Turquie et dans le nord de l’Irak causées par les représailles militaires turques, du moment qu’elles sont rarement rapportées avec précision.

Parlons plutôt des faits.

Le Soudan ne fait pas partie de ce que l’on nomme conventionnellement le Moyen-Orient, si bien que nous pouvons ignorer le génocide qui s’y déroule. Passons aussi sur les massacres commis par les Pakistanais occidentaux au Pakistan Oriental (Bengladesh), qui ont fait plus d’ 1,25 millions de morts en 1971, ou sur les 200’000 décès algériens dans la guerre entre les Islamistes et le gouvernement entre 1991 et 2006.

Mais une simple recherche, strictement limitée au Moyen-Orient vous donnera le chiffre d’un million de morts dans la guerre totalement musulmane Iran-Irak ; 300’000 membres musulmans de minorités tués par Saddam Hussein ; 80’000 Iraniens tués pendant la révolution islamique ; 25’000 victimes en 1970-71 lors de Septembre Noir, liquidées par le gouvernement jordanien dans son combat contre les Palestiniens ; et 20’000 islamistes assassinés en 1982 par le père Assad à Hama. L’Organisation Mondiale de la Santé estimait, il y a quelques années déjà, que le carnage opéré par Ben Laden en Irak avait déjà tué 150’000 personnes.

Dans une étude de 2007 menée par Gunnar Heinsohn de l’Université de Brême et Daniel Pipes, directeur du Middle East Forum, il fut révélé que près de 11 millions de Musulmans avaient été tués de façon violente depuis 1948. Parmi ceux-ci, 35’000 (0,3%) sont morts pendant les six années de guerre arabe contre Israël, ce qui fait une mort sur 315. En contraste, plus de 90% des morts l’ont été de la main de leurs frères musulmans.

Selon MM. Heinsohn et Pipes, le macabre décompte révèle que le total de victimes de conflits tout autour du monde depuis 1950 atteint à peu près 85 millions. Dans ce nombre, on trouve 46’000 musulmans arabes décédés dans le conflit israélo-palestinien, dont 11’000 durant la guerre d’indépendance d’Israël. Cela représente 0,05% du nombre total de victimes de tous les conflits, ou 0,4% de toutes les morts arabes dans le conflit arabo-israélien.

Dans un autre calcul qui ignore les « petits » massacres comme celui qui se déroule en ce moment en Syrie et les autres décès dans le cadre du Printemps Arabe, si l’on accumule l’Irak de Saddam, la Jordanie, la Syrie du père Assad, la guerre Iran-Irak, la campagne de Ben Laden en Irak, la révolution islamique iranienne et le conflit turco-kurde, cela fait plus d’1,65 millions de Musulmans tués par d’autres Musulmans comparés au moins de 50’000 morts du conflit arabo-israélien depuis 1950, chiffre comprenant les personnes tués pendant l’opération Plomb Durci qui s’est produite ultérieurement à l’étude Heinsohn-Pipes. Pour ceux qui n’ont pas de calculette à portée de main, permettez-moi de vous le dire : 50’000 représente 3% d’1,65 millions.

Golda Meir, le quatrième Premier Ministre d’Israël, ou plutôt la « Mère d’Israël », avait un argument tout à fait réaliste lorsqu’elle disait que la paix au Moyen-Orient serait possible seulement « quand les Arabes aimeront leurs enfants plus qu’ils nous haïssent ».

(traduit de l’anglais par l’Ambassade d’Israël à Berne)

Texte original: http://www.hurriyetdailynews.com/n.php?n=why-golda-meir-was-right-2011-08-23



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