Martine Brunschwig Graf contre la reconnaissance d’un Etat palestinien en septembre

MARTINE BRUNSCHWIG GRAF, Conseillère nationale (PLR/GE).

Matin online (20.08.11)

Quelle position la Suisse doit-elle adopter face à la demande d’adhésion d’un Etat palestinien à l’ONU ?

Attention. On ne sait pas si les Palestiniens vont vraiment tenter ce coup de force à l’ONU au mois de septembre, et si oui, sous quelle forme. La Commission de politique extérieure du Conseil national se réunit lundi et mardi mais il n’est pas certain que nous ayons une consultation formelle à ce moment-là.

Qu’importe la forme, mais sur le fond, quel est votre avis ?

Je suis favorable à la coexistence de deux Etats. Mais pour qu’il y ait une reconnaissance d’un Etat palestinien, il faut que plusieurs conditions soient remplies: un gouvernement unifié, un plan de paix entre la Palestine et Israël, et enfin la reconnaissance par le gouvernement palestinien du droit à l’existence d’Israël et son engagement à renoncer au terrorisme. Ces conditions ne sont pas remplies actuellement.

Et pourtant, la Suisse n’a pas été aussi exigeante avec le Kosovo.

Dans le cas du Kosovo, il y avait un gouvernement unifié et un cadre, celui élaboré par l’ONU et son envoyé spécial Martti Ahtisaari. Et pourtant, la reconnaissance n’a rien résolu en ce qui concerne le territoire actuellement divisé du Kosovo. Et l’on voudrait maintenant recommencer avec la Palestine ?

Une reconnaissance de l’Etat palestinien par l’ONU ne ferait-elle pas avancer les choses ?

Certains le pensent mais moi je prétends qu’au contraire cela va figer les positions. On se retrouverait avec un Etat virtuellement reconnu, qui ne s’est engagé à rien, des autorités palestiniennes et un territoire divisés et enfin un pays, Israël, qui se sentira contraint de renforcer encore sa sécurité.

Un échec des Palestiniens à l’ONU n’est-il pas plus dangereux, avec une nouvelle flambée de violence ?

Mais la violence est là. Et les attaques de jeudi à Eilat le montrent bien. Je me suis rendue en Israël en avril dernier. J’étais en face de la bande de Gaza, dans une ville israélienne où le jardin d’enfants est dans un bunker car les roquettes peuvent tomber à tout moment.

Membre à part entière de l’ONU, candidate au Conseil de sécurité, la Suisse peut-elle se permettre un refus de la demande palestinienne, voire une abstention ?

Je note que l’Union européenne est divisée. Mais si la Suisse accepte la proposition palestinienne, elle pourra oublier tous ses efforts de médiation entrepris dans le cadre de l’Initiative de Genève car elle se retrouvera dans une position totalement déséquilibrée.

Car elle est équilibrée ?

Elle ne l’a pas toujours été. Le soutien de la Suisse à une résolution unilatérale en faveur de la Palestine, en mars 2009 au Conseil des droits de l’homme, a contribué à tendre la situation. Les relations s’étaient améliorées ces derniers mois. Ces efforts pourraient être perdus.

Vos origines juives vous amènent-elles à soutenir Israël ?

Je suis une citoyenne suisse et je n’approuve pas tout ce que fait l’actuel gouvernement Netanyahou. Mais j’estime qu’Israël a le droit de vivre en sécurité, sans avoir à craindre le terrorisme du Hamas.


One Comment on “Martine Brunschwig Graf contre la reconnaissance d’un Etat palestinien en septembre”

  1. Nathalie Steiner Collet dit :

    Madame la Conseillère Nationale, Chère Madame,

    Suite à la lecture de vorte position par rapport à la création d’un Etat Palestinien publiée le 24 août sur le Blog officiel de l’Ambasaade d’Israël à Berne, que j’ai lue avec grand intérêt et reconnaissance, je prends la liberté de vous transmettre à titre informatif deux documents dont vous jugerez de l’importance:

    1. La Déclaration de la Conférence de Bâle 2011; adoptée le 31 août 2011, à l’issue de la Conférence pour la Justice Internationale à Jérusalem, organisée par l’Alliance pour la Justice Internationale à Jérusalem. Je la copie ci-dessous, n’ayant pas la possibilité d’inclure un fichier joint.

    2. Je vous transmets aussi le lien suivant: http://fr.givepeaceachance.info/video/ .
    Il donne accès à un court-métrage documentaire intitulé “Donner une chance à la Paix” sur les droits juridiques d’Israël dans le contexte du projet de déclaration unilatérale d’un Etat palestinien à l’ONU en septembre.

    En vous remerciant de m’avoir lue je vous prie de croire, Madame la Conseillère Nationale, à l’expression de mes sentiments respectueux.

    Dr Nathalie Steiner Collet
    FMH Médecine interne
    10 Boulevard James-Fazy
    1201 Genève

    “Déclaration de la Conférence de Bâle 2011
    31 août 2011

    Une conférence s’est tenue du 29 au 31 août 2011 dans le lieu historique de la Musiksaal
    de Bâle (Suisse). L’Alliance pour la Justice Internationale à Jérusalem est l’organisatrice
    de cet événement important, qui a réuni des participants Juifs et non ­‐Juifs venant de
    nombreux pays, dans le but d’affirmer leur soutien à la reconnaissance des droits
    légaux internationaux de l’État d’Israël et du peuple Juif à l’égard de la Cité de Jérusalem.

    Le 31 août 2011, la Conférence de Bâle a adopté la Déclaration suivante:

    L’Alliance pour la Justice Internationale à Jérusalem réaffirme les droits historiques
    inaliénables et légaux de l’État d’Israël et du peuple Juif à une Jérusalem unifiée comme
    capitale.

    L’Alliance reconnaît la contribution majeure de Théodore Herzl, qui a exposé sa vision
    de la restauration de l’État Juif lors du premier Congrès Sioniste qui s’est tenu à Bâle les 29,
    30 et 31 août 1897 dans le même lieu historique de la Musiksaal. Cette vision s’est
    réalisée le 14 mai 1948.

    La Conférence de Bâle 2011 réaffirme l’importance des dispositions de l’Article 22 du Pacte
    de la Société des Nations relatives à la «Mission sacrée de civilisation», suivies de la Résolution de San Remo du Conseil Suprême des principales puissances alliées du 25 avril
    1920, et du Mandat sur la Palestine approuvé par la Société des Nations le 24 juillet 1922.
    Ces dispositions constituent les documents juridiques fondateurs de l’établissement
    de l’État d’Israël moderne.

    L’ensemble des documents juridiques ci-­‐dessus constitue la Charte de Liberté du Peuple
    Juif, se rapportant à des droits expressément garantis par l’article 80 de la Charte des Nations Unies.

    L’Alliance appelle les dirigeants internationaux à faire preuve de sagesse et de courage
    lorsqu’ils prendront des décisions concernant Jérusalem lors des sessions du Conseil de Sécurité des Nations Unies et de l’Assemblée Générale qui se tiendront en septembre 2011.

    La Conférence de Bâle 2011 demande instamment aux Nations d’honorer leurs engagements
    solennels et irrévocables, ainsi que leurs obligations légales à l’égard du Peuple Juif établies
    sous l’autorité de la loi des Nations.

    L’Alliance pour la Justice Internationale à Jérusalem demande instamment à toutes les Nations de rejeter toute résolution et action qui pourrait violer la souveraineté légitime d’Israël
    sur la totalité de Jérusalem.”


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