La cordée israélo-palestinienne a gravi le Mont-Blanc sans casser

EXPÉDITION | Dans les cordées, l’amitié s’est tissée entre les alpinistes arabes et juifs. Un bel exploit sportif et un petit pas pour la paix.

PHILIPPE DUMARTHERAY | 06.08.2010 | 00:00

Depuis des mois, ils en rêvaient, ces jeunes Israéliens et Palestiniens. Arriver au sommet du Mont-Blanc, à 4807 mètres d’altitude, par la voie la plus difficile, celle des Trois-Monts. Et surtout de faire cette ascension avec leurs nouveaux amis israéliens et palestiniens, d’autres jeunes comme eux qui jusqu’ici, au mieux, s’ignoraient.

A deux heures du matin, mercredi, au refuge des Cosmiques, c’est l’anxiété que l’on devine dans les yeux de Malek, Nadim, Ori, Shiri et les autres. La montée s’annonce longue et difficile. Au pied du refuge des Cosmiques, la pente devient très raide et, je peux le confirmer, le souffle bien court. Mais le groupe, scindé en plusieurs cordées, sous la conduite de Jean Troillet, progresse bien. De retour au refuge, une quinzaine d’heures plus tard, le célèbre guide valaisan fera du reste cette remarque élogieuse. «Ce groupe, c’était la perfection. Mieux, ce n’était pas possible. En rentrant au refuge, j’ai accéléré le pas. Ils ont tous suivi sans broncher. Tous unis.»

Un dessin plutôt que deux drapeaux

Aux abords du Mont-Blanc de Tacul, à 4248 mètres d’altitude, une courte descente permet de reprendre un peu de forces avant d’attaquer un des gros morceaux de la journée, le mur du Mont-Maudit, avec une paroi d’une centaine de mètres presque verticale. Là encore, les jeunes Israéliens et Palestiniens, âgés de 23 à 31 ans, se comportent comme des alpinistes chevronnés. La suite est aussi éprouvante, avec une longue marche d’approche avant d’arriver sous le sommet du Mont-Blanc. Un froid glacial vient perturber l’avancée des différentes cordées. Mais le pas est sûr. Jean Troillet peut être fier de sa jeune équipe.

Finalement, la première cordée arrive à 11h20, suivie progressivement par toutes les autres, au sommet du Mont-Blanc. Immédiatement, les huit Israéliens et Palestiniens forment un cercle, s’encouragent, se félicitent. Ils sont marqués par l’effort et l’émotion est retenue. Juste encore le temps de déployer une banderole sur laquelle figurent, en dessin, les drapeaux israélien et palestinien. Les jours précédant leur montée au Mont-Blanc, ils ont discuté ensemble.

Certains n’étaient pas d’accord de déployer les deux drapeaux côte à côte. Pour finir, un compromis a été trouvé, sous la forme d’un dessin des deux oriflammes plutôt que de drapeaux officiels.

Pour Peleg Amir, un industriel israélien installé en Suisse et membre du comité de Coexistences, l’organisation basée à Lausanne et cheville ouvrière de ce projet, «il fallait que tous les Palestiniens et Israéliens arrivent au sommet. Ils avaient le niveau. Ce projet a montré que l’on peut faire avancer les choses. Au retour, ils vont former des couples, un Israélien et un Palestinien. Ils iront dans les écoles, ils donneront des conférences pour faire avancer les choses.»

Source: Tribune de Genève

http://www.tdg.ch/actu/monde/cordee-israelo-palestinienne-gravi-mont-blanc-casser-2010-08-05

<a href=”http://www.photo-libre.fr”>Photos Libres</a>



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